Evolution de la musique algérienne

Que ce soit au temps où les chants Berbéro-africains résonnaient aux oreilles des maghrébins, ou dans notre ère actuelle avec les nouveaux et divers styles musicaux, la musique algérienne n’a eu cesse de se développer et de diversifier notre patrimoine culturel. Durant son long périple, elle croisa le chemin de la musique andalouse, et y trouva une étonnante harmonie, propulsant nos mélodies vers un nouveau cap.

Certes, l’arrivée de cette musique en Algérie s’est faite sous de tristes conditions : l’expulsion des musulmans et juifs de l’Andalousie, les obligeant à migrer en Afrique du Nord. 

Mais, à ce triste fait, nous pouvons tout de même trouver un point positif : les Andalous apportèrent avec eux le savoir des trois grandes écoles de musique : celle de Cordoue, de Grenade et de Séville. Sans cela, l’andalous ne serait pas présent dans notre quotidien comme il l’est aujourd’hui. Et c’est ainsi que l’instinct artistique et musical s’éveilla chez certains génies de la musique qui virent le jour en Algérie. À l’instar de Abdelkrim Dali qui se distingua de ses confrères de par sa résolution inébranlable à concilier les écoles de musique andalouse en unifiant le style gharnati de Tlemcen avec la Sanaâ d’Alger, dont la musique est toujours présente jusqu’aujourd’hui avec son incontournable « Mezzaynou nhar el youm ».

Et bien évidemment, comment parler de l’andalous sans parler du phénix Mohamed Idir alias « El Anka » qui, par son sens hors pair du tempo, créa le Chaâbi qui s’inspira de l’andalous, avec un rythme rapide et des textes populaires (d’où son nom). Il contribua aussi à l’enrichissement des poésies populaires avec 360 textes. De plus, c’est à lui que revient la forme actuelle du mandole lorsqu’il demanda à son luthier de reformer sa mandoline. Il sera l’idole de plusieurs jeunes chanteurs qui devinrent à leur tour des virtuoses de la musique châabi tel que Boudjemaâ el Ankis, Dehmane El Harrachi connu pour la célèbre chanson « Ya rayah » ou même le rossignol Amar Ezzahi et Kamal Messaoudi le chanteur de « Chamaa » et « Ya hasra elik ya denya ».

On retrouve aussi le haouzi et autres dérivées de l’andalous.

Citer tous les chanteurs algériens et leurs contributions à l’évolution de notre musique et art ne tiendrait même pas dans un livre complet… Mais espérons que leurs efforts ne soient pas vains, et qu’ils se transmettront de génération en génération dans notre société, comme il le fut avant et encore maintenant pour la musique arabo-andalouse.


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